Dynamiques herméneutiques entre Moyen Age et Renaissance



Responsables : Marie-Christine Gomez-Géraud / Jean-René Valette

Le séminaire « Diptyque » est un lieu de rencontre interdisciplinaire entre chercheurs médiévistes et seiziémistes, intéressés par la question des dynamiques herméneutiques mises en œuvre sur la longue durée, entre le XIIe siècle et l’automne de la Renaissance. Le « diptyque » symbolise la perspective de dialogue qui doit s’établir entre les deux périodes considérées, en vue d’apporter des éclairages et des réponses spécifiques aux questions retenues pour l’étude commune. Il s’adresse aux chercheurs de ces périodes, aux doctorants dont il entend favoriser la formation et à toute personne intéressée par les problématiques développées au cours du séminaire. Les travaux présentés et discutés feront l’objet d’un volume d’études synthétiques sur les thèmes choisis.

Apparu au XIIe siècle, le discours mystique s’offre comme une dynamique herméneutique majeure pour la période qui s’étend jusqu’au premier XVIIe siècle, comme un carrefour dont l’intelligibilité se déploie autour de quatre pôles (révélation, institution, sujet en transformation et langage), pour former un « carré mystique » (P. Gire). C’est aux relations entre discours mystique et langage que s’est intéressé d’abord le séminaire « Diptyque ». Il envisagera cette année le pôle essentiel du sujet mystique, sujet en transformation en s’attachant à définir le « sujet mystique », l’expérience de l’absolu ainsi que ses modalités d’élaboration et d’expression, l’émergence du genre dans l’écriture.
 
  • Thématiques engagées dans le projet :

  1. Traductions, auto-traduction, écriture bilingue : l’équipe examine ce phénomène en vue de déplacer la traditionnelle ligne de partage entre Moyen Age et Renaissance. Plus que d’examiner un passage du véhiculaire au vernaculaire, elle s’interrogera sur les enjeux des choix linguistiques assumés par les auteurs et sur les effets de sens induits par ces pratiques.
  2. Transpositions texte-image : on cherchera à évaluer la manière dont le langage iconique évolue entre Moyen Age et Renaissance en s’intéressant à la transformation des codes iconiques et de la rhétorique de l’image. On se demandera aussi si l’image profane et l’image religieuse s’élaborent sur les mêmes modes et engagent les mêmes dynamiques herméneutiques.
  3. Transposition oralité/écriture : on envisagera les manières dont certaines productions, au caractère démonstratif marqué (comme l’écriture satirique, le sermon, la littérature viatique) recourent aux figures de déplacement, au « style oral » et aux effets de sens ainsi engagés. Les études sur le théâtre seront elles aussi privilégiées.
  4. Transposition d’un genre à l’autre/ Translations et métissages épistémologiques : l’écriture de l’Histoire dans ses transformations au cours du Moyen Age et de la Renaissance servira de terrain d’observation, à la fois en termes génériques (liens avant ec l’écriture romanesque, les écritures savantes et didactiques), formels (prose, vers) et génétiques (convocation des sources, et élaboration du savoir en vue de donner sens aux événements historiques).
     

Mis à jour le 30 janvier 2017